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à reculons • un discours fracassant d’adolphe thiers




Paris, 11 janvier 1864

Elu à Paris en mai 1863, Adolphe Thiers s’offre une rentrée fracassante à la tribune parlementaire. Le gouvernement est déjà affaibli par l’ « aventure mexicaine » et l’intraitable député lui assène la harangue des « cinq libertés nécessaires » : ces libertés « qu’un jour peut-être le peuple exigera »… Il faut supprimer la loi de sûreté au nom de la liberté individuelle ; ne plus utiliser les avertissements, la presse devant pouvoir s’exprimer librement ; autoriser le citoyen à voter pour l’élu de son choix ; permettre à ces mêmes élus de contrôler le gouvernement, d’en interpeller les membres et de mettre éventuellement en cause la responsabilité des ministres devant la Chambre. Ainsi conclut l’orateur, nous passerons peut-être « du cap des tempêtes au cap de bonne espérance »…

à reculons • l’ordalie est autorisée à alès


Mettre sa main au feu : ordalie par le fer rouge


Alès, 1200

La vérité résiste au feu ! Les seigneurs d’Alès ont octroyé à leurs vassaux une chartre autorisant la pratique judiciaire appelée jugement de Dieu ou ordalie. Celle-ci-consiste, pour l’accusé, à  prouver son innocence en portant un certain temps une barre de fer chauffée à blanc ou encore en plongeant la main dans une cuve d’eau bouillante pour y prendre un anneau bénit. Un innocent ne devrait en éprouver aucun désagrément….

à reculons • un romancier des passions juvéniles


Gérard Philippe, Micheline Presle dans
« Le Diable au corps »,
un film de Claude Autant Lara (1947)


Paris, 12 décembre 1923

Dix mois après la publication de son premier roman, Raymond Radiguet est mort de la typhoïde à 20 ans. Il était entré par la grande porte, celle du scandale et du talent, dans la famille des romanciers avec Le Diable au corps. Pour le héros du livre, prénommé Jacques et âgé seulement de 16 ans, la guerre n’aura représenté que « quatre ans de grandes vacances » ; il est devenu l’amant de la femme d’un poilu : voilà qui donne un parfum de soufre au trio classique de l’adultère. A l’immoralité du thème où les anciens combattants voient une insulte et les bourgeois une menace, l’éditeur Bernard Grasset ajoutera une publicité tapageuse.

à reculons • nouvelles chaînes pour les noirs


Comment fouetter une esclave enceinte


Paris, 7 décembre 1802

Bonaparte a tranché : tous les hommes ne sont pas libres et égaux. Le Premier consul rétablit l’esclavage que la Convention avait aboli. Une décision réclamée depuis longtemps par les « grands blancs » des Antilles, chassés de leurs plantations par des esclaves en rupture de chaînes. Face à l’insurrection de Haïti, où les Noirs revendiquent l’indépendance, le principe révolutionnaire n’a pas fait long feu.

à reculons • une très laide princesse à la cour


Il faut reconnaître qu'elle avait
ce qu'il est convenu d'appeler
un physique assez ingrat...

(http://maria-antonia.justgoo.com)


Versailles, 14 mai 1771

La cour a pu constater que  la princesse Marie-Josephe de Savoie, qui vient d’épouser le comte de Provence, n’a rien pour inspirer l’amour ! Elle a le front étroit, de petits yeux perçants et un monstrueux duvet qui lui descend de la lèvre supérieure jusqu’au menton. Le comte de Provence a proclamé bien haut que son épouse lui plaisait infiniment ! Mais le roi n’a pas caché qu’il la trouvait fort laide. La dauphine, en revanche, qui ne voit en elle aucune rivale, lui a prodigué mille soins hypocrites. Et le comte d’Artois, à qui la sœur du laideron est promise, a compati en silence…

à reculons • le déclin d’une favorite


La comtesse de Castiglione
en Dame de Cœur vers 1863,
par Pierre-Louis Pierson à Paris.


Paris, décembre 1856

Il semble que la liaison de l’empereur avec la belle comtesse Virginia de Castiglione soit sur son déclin. Napoléon III est agacé par le comportement extravagant de la favorite qui expose les photographies de ses pieds, de ses mollets, de ses genoux, de ses mains, et couche dans des draps de satin noir pour faire ressortir la blancheur de sa peau. Tant de vanité fait d’ailleurs ricaner la cour et Mme de Metternich a résumé un soir l’opinion générale en disant que Mme de Castiglione « était bête à couper au couteau ». Quant à Mérimée, il parle de lui retrousser les jupes et de la fesser à mains plates. Bref, personne, à commencer par l’impératrice Eugénie, ne regrettera cette insupportable piémontaise.

à reculons • jacques rivette et diderot censurés


Anna Karina dans « La Religieuse »
de jacques Rivette


France, mai 1966

Deux siècles après sa mort, Diderot sent encore le souffre. Qu’un cinéaste, Jacques Rivette, adapte une de ses œuvres, La Religieuse, et les foudres cléricales se déchaînent. Yvon Bourges, ministre de l’Information, a reçu des pétitions de 25 000 signatures pour dénoncer une œuvre qui heurte « gravement les sentiments et la conscience » du public. Malgré son interdiction, le film sera présenté à Cannes.

à reculons • le scandale des « liaisons dangereuses »


Pierre Choderlos de Laclos,
Les Liaisons dangereuses
par Sylvain Sauvage


Paris, 25 avril 1782

En deus semaines, un officier connu, Pierre Choderlos de Laclos, est devenu à la mode. Tout Paris ne parle plus que de lui et de son roman par lettres, Les Liaisons dangereuses. Mais cette célébrité sent le soufre. Les trois principaux personnages du roman, le libertin Valmont, la diabolique marquise de Merteuil et la naïve présidente de Tourvel, forment un trio infernal qui dérange les bonnes consciences. L’auteur n’affirme-t-il pas : « J’ai vu les mœurs de mon temps et j’ai publié ces lettres ! » Aussi, encensé par les uns, il est honni par les autres. En tout cas, le scandale ne nuit pas au succès de l’ouvrage ; on s’est arraché ses 2 000 exemplaires !

à reculons • le petit bourgeois et la fille perdue


Michel Simon et Janie Marèse dans
La Chienne de Jean Renoir (1931)
© Les Films du Jeudi


Paris, 19 novembre 1931

C’est aujourd’hui à Paris, au cinéma Colisée, que Jean Renoir présente son nouveau film, La Chienne, adapté du roman de Georges de La Fouchardière. Le film a commencé en province une carrière désastreuse : à Nancy, les spectateurs cassaient les fauteuils… Rien de tel pour attirer les foules ! Ce long métrage, interprété par Michel Simon et Janie Marèze, fustige la petite bourgeoise et les conventions sociales. Dans un climat politique et économique tendu, voici un portrait incisif d’un français moyen, caissier de banque, employé modèle, qui mène une existence morne. Son seul refuge : la peinture que sa femme méprise. En rencontrant Lulu Pelletier, Maurice Legrand choisit la liberté

à reculons • le « mahomet » de voltaire scandalise


Edition de 1743

 

Paris, 9 août 1741

 

Voltaire s’amuse. Le soir de la première de Mahomet ou le Fanatisme, au théâtre de la Comédie Française, il réussit à provoquer un scandale. Les dévots se déchaînent, exaspérés par ce provocateur. Ils accusent l’auteur de faire le procès du christianisme et d’attaquer Jésus-Christ, sous couvert d’une condamnation du « faux prophète » Mahomet. Athée et libre penseur, Voltaire s’en prend à tous les phantasmes et reproche aux jansénistes leur obéissance à un Dieu implacable. Poussant l’audace jusqu’au bout, il adresse sa pièce au pape Benoit XIV et fait imprimer une fausse approbation du Vatican. Après trois représentations, la pièce sera interdite.   

à reculons • des « bourdeaux » pour les prostituées


Au Moyen Âge, les responsables de l’ordre public,
municipalités, seigneurs laïcs ou ecclésiastiques
(évêques, abbés et pape), organisent
progressivement la prostitution,
déjà à partir du XIIe siècle,
et surtout à partir du XIVe siècle, 
en tirant un profit financier.


Paris, 18 septembre 1367

A la lisière des villes du royaume ou dans leurs quartiers malpropres, les « filles de plaisir » attendent, à la nuit tombée, les hommes en mal d’amour. Elles exercent leur métier dans des cabanes isolées et ces masures se voient trop. Mais la prostitution existe et ces filles sont de plus en plus nombreuses : force est de l’accepter. Aussi, contre ce « mal » nécessaire et pour préserver un tant soit peu d’hygiène, les autorités royales ont pris une mesure de salubrité publique : des maisons spécialisées sont crées ; on les appelle « bordes » ou « bourdeaux ». A leur porte se tient le guet ; il est chargé de veiller à l’ordre et de faire respecter un minimum de décence. Mais, pour franchir l’entrée, il faudra payer un « droit de passage ». Les mœurs sont maintenant taxées.

à reculons • la révolte ouvrière écrasée dans le sang


Le vendredi 23 juin 1848 éclatent à Paris

de violentes émeutes de la faim provoquées

par la fermeture des Ateliers nationaux

et le licenciement de 120.000 ouvriers.


 

Paris, 28 juin 1848

 

C’est vers onze heures ce matin que les dernières barricades, tenues par les ouvriers du faubourg Saint-Antoine, ont cédé aux assauts de la troupe. La révolte qui, depuis quatre jours, secouait les quartiers populaires de l’est de la capitale est définitivement matée. Provoquée par la fermeture des ateliers nationaux, cette insurrection a donné lieu à de sauvages affrontements. C’est ainsi que le général Bréa, faisant confiance à des insurgés qui l’avaient invité à venir négocier, a été étranglé par trois d’entre eux. Le bilan des pertes est très inégal et c’est, de loin, du côté des manifestants qu’elles ont été les plus lourdes. Des gardes na      tionaux n’ont pas hésité à enfermer des prisonniers dans un souterrain où les malheureux sont morts étouffés. Ceux qui tentaient d’en sortir par les soupiraux ont été abattus à bout portant. Mais le général Cavaignac est satisfait : « L’ordre à triomphé de l’anarchie. »

à reculons • comment faire des vrais catholiques ?


Commentaire sur l'édit d'avril 1695 
concernant la juridiction ecclésiastique
Daniel Jousse - 1764


Versailles, 13 décembre 1698

L’enseignement vole au secours de la foi catholique ! Renouvelant l’édit de 1695, le roi a ordonné l’établissement d’une école dans toutes les paroisses. Ces mesures, si elles contribuent à répandre l’instruction primaire, ont cependant une autre fin. Elles visent, en fait, les enfants des protestants qui n’échapperont pas ainsi aux leçons du catéchisme. Il faut en faire d’honnêtes catholiques qui, une fois chez eux, résisteront à l’influence de leurs parents, lesquels souvent n’ont abjuré que du bout des lèvres.


à reculons • les chômeurs affamés manifestent



Carte postale de la boulangerie située 3 rue des Canettes, 

saccagée le 9 mars 1883.


 

Paris, 9 mars 1883

 

« Du pain, du travail ou du plomb ! » criaient les chômeurs qui ont défilé aujourd’hui dans la capitale. La chambre syndicale des menuisiers avait appelé les sans-travail, qui sont deux cent mille à Paris, à se rassembler aux Invalides. L’intervention immédiate de la police n’a pas n’a pas empêché que des groupes de manifestants se forment. Le plus important, guidé par les anarchistes Louise Michel et Emile Pouget, a emprunté le boulevard Saint-Germain. Sur le parcours, quelques boulangeries ont été pillées. On a même vu un boulanger effrayé distribué lui-même son pain. Place Maubert, des forces de police importantes ont interrompu le cortège, procédant à l’arrestation de Louise Michel et Emile Pouget qui ont été inculpés de pillage à main armée. 

vu à travers le tube • le film du temps est invariable !


Devant les attaques incessantes dont il fait l’objet, Trump a dit : « Je suis un génie très stable ». Quelqu’un a dit : « Il ne faut jamais voter pour quelqu’un qui demande le pouvoir ». Avant, les Rois usurpaient les trônes de père en fils – parfois quelques pères en filles ou mères en filles ou mères en fils se glissaient dans le processus -, aujourd’hui ils demandent le pouvoir et les peuples naïfs leur accordent leur titre qui se transforme inévitablement en celui de dictateur. Et, si l’on compare tous ceux qui sont en fonction, il me semble que le plus dangereux n’est pas celui auquel on pense. Trump n’est qu’un vieillard vicieux qui a une grande gueule. Et puis, chez lui, il y a une opposition et de nombreux remparts à ses caprices. Alors que chez nous – en France -, la loi monarchique permet l’absence totale d’opposition et donne tous les pouvoirs à un seul homme, aucune femme – et pourtant la femme est pernicieuse – n’ayant réussi, à ce jour, à prendre le pouvoir et je n’en vois aucune à l’horizon. Aussi les gens sensés devraient cesser d’importuner le Roi des Etats Unis et concentrer leur pensée sur celui de la France, qui s’est pourvu – avec la complicité d’une infime minorité de français – d’un Roi-enfant capricieux et sans état d’âme, qui ne lâche jamais la main de sa maman qu’il a épousée, et ce signe ne trompe pas. Ceux qui veulent du bien pour la France et les français ne veulent que le pouvoir pour les maltraiter à leur guise. Il suffit de relire l’Histoire. Le même film se déroule depuis l’aube des temps…  


à reculons • louis XIII assiste à la nuit de noces de sa demi-sœur


Gravure du XVIIIe siècle. 
Les marges sont coupées et il est difficile 
de savoir si cette gravure est d'époque 
bien que cela soit fort possible.


Paris, décembre 1617

Le jeune roi a gardé ses pudeurs de jouvenceau et s’effarouche encore devant sa femme. Contre tant de vertu, son entourage a trouvé le remède : Louis XIII assistera aux premiers ébats de Catherine de Vendôme, sa demi-sœur, avec son mari le duc d’Elbeuf ! Et l’amant, ce soir-là, est fort amoureux ! Par trois fois, il honore son épouse. En aucune manière, le royal témoin ne saurait l’indisposer et, mieux, son ardeur ne semble point prête de s’apaiser. Cette « leçon de choses » déniaisera-t-elle son beau-frère ?