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mémoires • zadig, œuvre satirique, n’a pas de père


Gravure (1747) illustrant la scène de retrouvailles entre 
Zadig et Astartée dans Zadig ou La Destinée


Paris, 1747

Auteur anonyme et lieu de parution inconnu, on se demande qui se cache derrière Zadig ou la Destinée, histoire orientale. Cette question agite d’autant plus les esprits que la critique et la satire affleurent à chaque page de ce conte. Au fil  des aventures du jeune Zadig, qui deviendra roi de Babylone grâce à l’amour, jaillissent les plus vives attaques contre les excès des souverains et le zèle de leurs courtisans, ou contre les exactions d’un clergé à la botte des puissants et qui abuse de la naïveté du peuple. En quête de respectabilité, Voltaire se défend d’avoir imaginé un tel récit. Cette paternité est bien lourde à un moment où les portes de l’Académie française s’ouvrent enfin devant lui. Mieux vaut la grâce du roi que l’exil !

à reculons • le « mahomet » de voltaire scandalise


Edition de 1743

 

Paris, 9 août 1741

 

Voltaire s’amuse. Le soir de la première de Mahomet ou le Fanatisme, au théâtre de la Comédie Française, il réussit à provoquer un scandale. Les dévots se déchaînent, exaspérés par ce provocateur. Ils accusent l’auteur de faire le procès du christianisme et d’attaquer Jésus-Christ, sous couvert d’une condamnation du « faux prophète » Mahomet. Athée et libre penseur, Voltaire s’en prend à tous les phantasmes et reproche aux jansénistes leur obéissance à un Dieu implacable. Poussant l’audace jusqu’au bout, il adresse sa pièce au pape Benoit XIV et fait imprimer une fausse approbation du Vatican. Après trois représentations, la pièce sera interdite.