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audrey éprise...





















Audrey éprise
Dans la fulgurance
D’une âme explosive

Propulse son regard
Brûlant et tendre
En pinces de homard

Eprise et prise
Dans le noir du miroir
Pour être libre

HG

une négresse





























Une négresse par le démon secouée
Veut goûter une enfant triste de fruits nouveaux
Et criminels aussi sous leur robe trouée
Cette goinfre s’apprête à de rusés travaux :


À son ventre compare heureuse deux tétines
Et, si haut que la main ne le saura saisir,
Elle darde le choc obscur de ses bottines
Ainsi que quelque langue inhabile au plaisir


Contre la nudité peureuse de gazelle
Qui tremble, sur le dos tel un fol éléphant
Renversée elle attend et s’admire avec zèle,
En riant de ses dents naïves à l’enfant ;


Et, dans ses jambes où la victime se couche,
Levant une peau noire ouverte sous le crin,
Avance le palais de cette étrange bouche
Pâle et rose comme un coquillage marin.

 

Stéphane Mallarmé

lumières blanches...

















lumières blanches
tombant sur le sol
glaçant les tournesols

lissant les moulures
des plaintes des cimetières
coulées dans la verrière

ombres des obscurs
étendant leur voile granité
sur les corps recroquevillés

là tu m’appelles
et tu m’aspires
ô gracile vampire

HG

lune cachée derrière...


























lune cachée derrière
le rouge du rideau
qui descend sur les tombeaux

jette ta lumière
sur les chairs gisantes
grises et terrifiantes

pénètre leurs corps
de ton rayon suave
balayant sa bave

tout au long du charnier
amoncelé de cadavres
étendus sur le marbre

lune étend ton arme
sur l’absurde illusion
de ce monde sans ambition

HG

l'écran blanc















l’écran blanc
des salles obscures
dessinent les ruptures
des miroirs d’antan

Une trace une ligne
un trait rouge de sang
réveillent les serpents
grouillants dans les vignes

Bacchus triomphant
l’écran se déchire
sur les ruines de l’empire
foudroyé dans l’instant

HG

la brume s’est épaissie...

























la brume s’est épaissie
elle a troublée ma pensée
quand le voile s’est levé
sur l’étendue de ma naïveté

J’ai cru que les bébés
naissaient dans les jardins
arrosés d’une foule de grains
trempée dans la rosée

c’est lorsque j’ai lu
les vers terrifiants de Wagner
que surgirent les éclairs
qui me rendirent la vue

c’est Wotan le dieu des dieux
qui du donjon de son château
où croupissent les corps des héros
parsème son sperme dans les creux

des jambes écartelées
des femelles humaines
qu’il a forgé dans la haine
pour se venger de son inutilité

je ne crois plus aux choux
et roses éjecteurs pulsionnels
géniteurs de corps sans ailes
où pullulent les germes fous

HG

la femme à la bûche...



la femme à la bûche
près de la cheminée
égrène les identités
des codes qui trébuchent

les mots sont usurpés
par ceux qui les prononcent
au travers des meutes de ronces
pour choir dans les fossés

les mensonges boutés par la vague
engloutissent les pensées
qui hors des vérités
périssent par la dague

nous sommes et ne sommes pas
traversons sans bouger
si nous savons discerner
ce qui est et ce qui n’est pas

hG

t’a-t-on dit...





















t’a-t-on dit
que tu es un porc
parce que ton corps
est pourvu d’un épi

t’a-t-on dit
que ton épi se dresse
parce que sa détresse
est le moteur de ta vie

t’a-t-on dit
que c’est la liberté
que tu dois trouver
pour vivre la vie

que ton corps enserre
et que tu dois tuer
pour pouvoir libérer
celle qui t’est si chère

hG

tige herbe folle...




tige herbe folle
recouvre la terre
rejoue le b-moll
surgit de la mer

mère indécente
qui pond à merveille
recouvre de cendres
l’objet de ton sommeil

étend ton corps de chair
sur le bûcher de ton maître
sachant que tu auras fort à faire
pour terrasser le traitre

pense ta pensée
oublie de t’agiter
c’est le lien qui est création
fondateur de ton imagination

hG

herbes folles...
























herbes folles
doigts courants
sur le noir et blanc
des bécarres et bémols

pliez sous le vent
qui chante les mélodies
surgies des mélancolies
des troubles naissants

j’ai vu ses doigts courir
des toniques aux sensibles
dévoilant l’impossible
jouissance du pire

j’ai entendu le big-bang
de la volupté des sens
réveiller mon impuissance
devant le génie de Wang

hG

illusion ou folie...



illusion ou folie
folie et illusion
dans le tourbillon
de la vie

ombres du rayon
où marchent les formes
qui donnent le ton
des écrans cruciformes

illusion apaisée
rognée sur les chemins
garde toi des fées
soumises au malin

hG

le réveil d'audrey...




le réveil d’Audrey
estompe les images
qui s’accrochent aux pages
d’un récit imparfait

sur le lit maculé
étendue et déprise
vaincue sans surprise
elle dort pour l’éternité

sa beauté éclatante
sortira de l’histoire
aux mille tiroirs
qui glisse sur les pentes

des gouffres sans fin
où les morts semblent côtoyer
leur reflet déguisé
au travers du miroir désenchanté

hG

c'est dingue ça...




c’est dingue ça
qu’est-ce qu’elle fait là
la femme qui n’a qu’un œil
et un nez de chevreuil

comment s’est-elle échappée
de la cage dorée
où elle gigotait
sous les coups du fouet

sans doute a-t-elle vu
dans les coins d’une rue
l’ombre effrayante
d’une pulsion inconsciente

hG

dans la forêt se cache un arbre...




dans la forêt de cache un arbre
mais aussi un puits
ils effacent la nuit
quand on les regarde

hG

je c'est moi...




je c’est moi
je c’est iom
deux en un mon bonhomme
deux en un c’est moi

je suis deux comme toi
l’un sans faille
l’autre veule sociale
mais toi tu ne le sais pas

je suis et je ne suis pas
puisque double je
comment saurai-je
quel je est moi

et c’est là
l’éternel duel
inconscient et cruel
qui se joue jusqu’au trépas

hG