Je suis de ceux qui ne ménage pas
les #MeToo, #balancetonporc & Compagnie, qui tombent trop souvent dans la
délation et dans la vengeance à bas prix. Et puis quand on voit la position
haineuse, hystérique et déplacée de la godillote-ministre Schiappa, on ne peut
qu’être révolté par ce manque total de discernement et d’incapacité à régler ce
problème majeur avec efficacité et dignité. C’est pourquoi je préfère de loin
ce que j’ai entendu hier dans la bouche de l’actrice italienne Asia Argento,
qui, elle, a été digne et percutante, qui a fait trembler l’auditorium du
Festival de Cannes et qui s’est exprimée avec justesse, précision, dans une
totale maîtrise de sa pensée. Elle n’a pas parlé en femme politique. Elle n’a
pas parlé en femme militante pour le principe. Elle a parlé en femme, en femme
debout et solide qui sait de quoi elle parle. J’ai cru voir dans la salle des
visages pâles… crispés. « Et même ce soir, assis parmi nous, il y en a
certains qui doivent être pointés du doigt à cause de leur comportement envers
les femmes, leur comportement indigne à cette industrie. Vous savez qui vous
êtes, mais plus important, nous savons qui vous êtes. Nous n'allons pas vous
permettre de vivre dans l'impunité. » C’est cela que je retiendrai de
Cannes 2018, cela qui semble avoir enfin ouvert une porte interdite. Il ne reste plus
qu’à bruler le tapis rouge et éjecter Léa Seydoux.
les écureuils de central park sont tristes le lundi
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vu à travers le tube • à fuir ce soir…
Ce soir, je ne regarderai pas la
cérémonie des César parce que, au gratin du cinéma je préfère le gratin de
pommes de terre, à Manu Payet je préfère Liliane et José, et subir toute la
soirée la stupidité du moment, le ruban blanc, est contraire à mes convictions
antimilitaires. Et puis je ne peux comprendre cette litanie d’écart de langage
où tout le monde il est beau tout le monde il est gentil, où tout le monde se
bisouille alors que tout le monde se déteste, où les hommes sont habillés en pingouins
et les femmes en rien. Enfin, je n’ai pas besoin de César, ni d’Oscar, ni d’une
palme pour savoir qui a du talent sur l’écran blanc. Et je n’ai pas besoin de
cette tranche horaire pour analyser le conflit d’abrutis qui divaguent sur les
méchants porcs et les gentilles truies.
vu à travers le tube • allen et le roi…
Pour
expliquer la décision du Roi de France – ne pas construire l’aéroport prévu
depuis 50 ans – le 1e godillot du Roi – Philippe – a employé du
« moi je » a tout va et en surabondance comme s’il avait pris
lui-même cette décision. Et des « Philippe a décidé » ont fusé en
abondance sur toutes les radios et les chaînes télé. Comme de partout et comme
toujours, c’est le godillot le méchant. Et comme en plus le godillot est con,
il n’hésite pas à couvrir les décisions personnelles du Roi. Un Roi prend
toujours des décisions personnelles parce qu’un Roi se fiche éperdument de
l’avis des lâches godillots rampants et des larves croupissantes qu’on appelle
le peuple.
Et,
ce qui est plus rigolo, c’est le retour de Woody Allen dans la porcherie.
Depuis vint ans, on sait que l’illuminé peu sympathique et qui est loin d’avoir
le talent qu’on lui prête, a agressé sexuellement sa fille de 7 ans. Mais comme
Allen n’est pas un miséreux, un non actif, un sans sou et un sans toit, on ne
s’est pas attardé sur ce sujet qui fâche. Et boum ! Les # de tous bords
sont passés par là et voilà que le vieux monsieur pervers est (re)mis justement
en accusation. Et voilà aussi que ses acteurs commencent à lui montrer un peu
moins d’affection, voir une certaine réticence à poursuivre leur chemin avec
lui. C'est rigolo quand même. Et puis, quand je vous disais que la morale est
une empêcheuse de tourner en rond !
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