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vu à travers le tube • à l’attention et à l’intention de ceux qui me désignent comme un menteur…


Pour tous les connards et abrutis qui doutent de ma sincérité, sachez que j'ai joué à l'opéra de Lyon de 1959 à 1968 comme 2 et 3e trompette sous la direction d'Edmond Carrière chef titulaire, Richard Kraus pour Salomé, Electra et Wozzeck, André Cluytens pour Lohengrin, Parsifal et 2 Tétralogie, Bruno Bogo pour Requiem de Verdi Otello, Aida et Tannhaüser, Horst Stein pourTannaüser. J'avais à mes côtés mon professeur Alphonse Arletti ( trompette solo) et X.Guerpillon (2e et 3e trompette). Le directeur de l'opéra était Paul Camerlo. Consultez les archives de la mairie de Lyon pour consulter mes bulletins de salaire de l'opéra, celle d'Aix-les-Bains pour ceux de mon poste de Directeur du Conservatoire, l'Université de Chambéry pour mon poste de professeur d'Histoire de la musique, la Société des Concerts du Conservatoire d'Aix-les-Bains pour mes activités de chef d'orchestre, conférencier, et directeur artistique... Si mon avis sur l'opéra de Paris ne vous plaît pas, je n'y suis pour rien. Si vous trouvez qu'Alagna sait chanter c'est que vous ne connaissez pas Alain Vanzo que j'ai fréquenté chaque année pendant mes 10 ans à l'opéra de Lyon (Incroyable Rodolphe !) et que vous avez de la merde dans les oreilles. Désolé de vous déplaire...


vu à travers le tube • un retour assumé et pourtant jonché de très nombreuses hésitations…


J’ai arrêté d’écrire – trop peu de temps – sur ce monde insensé et perverti – et je n’avais pas l’intention de recommencer - pour consacrer deux journées successives à un homme trop grand pour la petitesse des esprits qui ravagent cette terre de leur monstrueuse connerie, pour m’abreuver pleinement de Giuseppe Verdi, interprété magnifiquement dans un des plus attachants opéras du monde, l’Opéra de Lyon, qui après « Macbeth », jeudi soir, a eu l’audace de proposer vendredi « Don Carlos » dans sa version originale, intégrale en cinq actes, chantée en français dans une mise en scène magnétique, électrique et intelligente du grand cinéaste Christophe Honoré, pur chef-d’œuvre donné dans une différente et piètre conception, il y a quelques semaines à l’Opéra de Paris. Ici s’affrontent les petits de ce monde en la personne de Philippe II, Roi d’Espagne, clone parfait de l’immature Roi de France actuel et le Grand Inquisiteur de cette même Espagne, clone ahurissant du Pape François, sous les yeux du peuple qui crève dans la misère et dans les guerres incessantes, comme crèvent les peuples de 2018. La leçon est claire : mort aux tyrans, mort aux pouvoirs, mort aux religions, mort a tout ce qui porte atteinte à la plus petite parcelle de nos liberté. Et presque 200 ans plus tard, c’est Verdi qui porte encore le message et tente d’apporter l’espoir d’une vie vivable à laquelle tout le monde à droit. L’opéra n’est pas un lieu de mort. L’opéra n’est pas le lieu de l’élitisme. L’opéra est le lieu de vie qui côtoie et protège la liberté, toutes les libertés, notre liberté... 

PS : Merci à Catherine et à Emile pour leurs encouragements à poursuivre l’expression de ma pensée sur ce site…


J’y étais • « le cercle de craie » de alexander von zemlinsky à l’opéra de lyon… sublime !




D’un conte de fée sorti de la Chine ancestrale - pour adultes avertis comme tous les contes de fée -, l’opéra de Lyon, une fois encore dans les vertiges des sommets de la pensée libre et indépendante, a métamorphosé les consciences et leur demandant de regarder ailleurs, dans l’inconscient freudien rejeté par tous, qui pourtant, évidemment et sûrement, est le moteur de chacun de nos actes. J’ai vu, sur la scène du théâtre, notre monde, celui de l’injustice régnante à chaque étage, de l’injustice la plus humiliante, celle que les peuples admirent parce que chacun de leur sujet espère être un jour à la place du bourreau et faire subir a ses semblables ce que le monde des hommes lui fait subir au quotidien. Haitang, l’héroïne, issue des milieux sans espoir, qui se bat et cède en alternance – sa démission devant l’horreur du pouvoir légal et illégal, ce qui revient au même, est sans doute sa force – sera vendue par sa mère à une maison de plaisirs,  rachetée et violée par le riche Monsieur Ma, enceinte de son maître, jalousée par la première épouse qui la fera accuser du meurtre de son tyran et de l’enlèvement de son enfant que la première dame veut s’approprier. Condamnée à mort puis graciée en raison de la mort subite de l’empereur, répudier par la foule – le peuple – elle va enfin être vengée par le nouveau maître de la Chine, en personne, qui la convaincra qu’il est l’homme qu’elle a vu en rêve le soir de ses « noces » et qui lui a fait un bébé. Le miracle  viendra d’un jugement particulier, une sorte de jugement de Salomon, où les deux femmes qui se disputent l’enfant, seront placées au centre d’un cercle de craie tracé au sol et devront tirer, chacune de leur côté l’enfant, par le bras, hors de cet anneau wagnérien, pour en faire leur progéniture. Haitang ne peut et ne veut faire de mal à son enfant en lui arrachant le bras. Aussi renonce-t-elle à son bien. L’empereur décrète alors qu’elle est la mère de c'est enfant qu’elle aime, déjoue le complot contre elle et s’affirme le père puisqu’il était l’homme du rêve.

La réussite totale du spectacle, d’une unité incomparable, d’une beauté visuelle splendide, d’un chatoiement sonore envoutant, la direction simple et efficace de Lothar Koenigs, la mise en scène stupéfiante de Richard Brunel, l’engagement musical est physique de tous les chanteurs, ont encore placé l’Opéra de Lyon en tête des théâtres lyriques de tous poils et de tous bords.

J’ai vu l’Anneau du nain. J’ai vu la forêt qui cache l’autre monde de Lynch. J’ai vu le cheval blanc longer lentement la lisère comme je l’ai vu dans la chambre de Twin Peaks. Je suis entré dans l’inconscient que les gens sans pensées n’osent pas imaginer. La véritable souffrance est de revenir à la destruction douloureuse de tous les jours où les vermisseaux grouillent alors qu’ils en ignorent les raisons…     


Représentation du jeudi 1e février 2018 à 20h
Mise en scène : Richard Brunel. Décors : Anouk Dell’Aiera. Costumes : Benjamin Moreau. Lumières : Christian Pinaud. Dramaturgie : Catherine Ailloud-Nicolas. Vidéo : Fabienne Gras. Avec : Lauri Vasar, Tschang-Ling ; Martin Winkler, Herr Ma ; Nicola Beller Carbone, Yü-Pei ; Ilse Eerens, Haitang ; Stephan Rügamer, Prinz Pao ; Stefan Kurt, Tschu-Tschu. Orchestre, Maîtrise et Studio de l’Opéra de Lyon, direction : Lothar Koenigs.